Dossier installation : Kaeng Krachan Elephant Park (Zurich Zoo)


Kaneng Krachan Elephant Park (Zoo Zürich)

 

Le Zoo de Zürich est situé aux abords de la métropole Suisse. Créé en 1929, il a une superficie de 27 hectares et abrite plus de 4000 animaux de plus de 357 espèces. Le zoo est détenu à la fois par la ville (à hauteur de 25 %) et par des actionnaires (à hauteur de 75%). Les ressources du zoo ont deux origines principales : l’autofinancement à 78 % (droits d’entrée, boutiques, restaurants) et les subventions qui représentent 22 %. Depuis les années 2000, essentiellement par des dons, le zoo se transforme. En 2002, « Zoolino » voit le jour. Ce « zoo pour enfant » est l’une des premières étapes du masterplan et la première création de l’extension, achetée par le zoo. Autre grande étape, la création de la serre malgache « Masoala », immense serre de 1 hectare construite en 2003. C’est en 2014 qu’ouvre officiellement « Kaeng Krachan », le parc des éléphants

 

 

Zürich et les éléphants

Les éléphants sont présentés au Zoo de Zürich depuis l’ouverture en 1929. C’est « Chang » et « Mandjulah » deux éléphants Asiatique qui inaugurent le parc. En 1971, les éléphants intègrent un nouveau pavillon. Hyper moderne pour l’époque: fossé séparant les animaux du public à l’intérieur comme à l’extérieur, bassin intérieur… « Maxi », le mâle reproducteur arrive en 1981 et le 20 juillet 1984, « Komali » est le premier éléphanteau à voir le jour au zoo. Les éléphants sont alors en contact direct avec les soigneurs. Les fossés impliquent que les animaux soient attachés à l’intérieur la nuit. Pour éviter cela en 1994, le zoo installe des barrières mobiles pour éviter que les éléphants ne tombent dans les fosses la nuit. Mais le zoo est bien conscient que cet espace vieillit et a besoin d’un réaménagement.

 

Présentation du projet « Kaeng Krachan »

Dès 2007, le zoo mène une réflexion sur la création d’un nouveau complexe à éléphants. Un appel d’offre est lancé. Les volontés principales du parc sont les suivantes :

  • Un intérieur au moins aussi spacieux que l’extérieur
  • Possibilité d’accueillir deux mâles adultes
  • Des espaces paysagers différents des habituels « hangars à éléphants »
  • 3 enclos minimum

Parmi les 50 projets proposés, c’est donc l’actuel pour un cout de 60 millions d’€ qui en ressort. Dès 2009 les travaux sont lancés. En mars 2014, les éléphants déménagent dans leur nouvelle installation alors que les travaux à l’extérieur ne sont pas encore terminés car un éléphanteau est attendu pour juin. Les équipes ont préférés ainsi prendre les devants.

Les éléphants étaient avant en contact direct avec leur soigneur. La conversion au contact protégé à été faite au moment du changement d’installation. Soigneurs et éléphants ont reçus des formations sur ce thème, plusieurs mois avant le déménagement, pour accélérer le processus de conversion qui est souvent bien plus facile pour les éléphants…que pour les soigneurs ! Les soigneurs utilisent comme bridge un sifflet à ultrasons et comme récompense des granulés spécialement conçus pour les éléphants.

                                        

 

Bienvenue à Kaeng Krachan !

Le 7 juin 2014, les visiteurs découvrent les éléphants dans une nouvelle installation d’une superficie de 11 000 m2, regroupant le bâtiment de nuit et un espace extérieur, et qui aura coutée  CHF 57 millions, financés par des dons.

 

Le bâtiment des éléphants

Le bâtiment de 5400m² circulaire d’un diamètre de 80m, possède un toit en ossature bois de 6800m² qui n’est soutenu par aucun pilier. Quelques 271 lucarnes le ponctuent afin de donner une impression de forêt tropicale. Ce dôme abrite 2 enclos sableux visibles du public, 2 grands boxes de 200m² invisibles du public ainsi que 6 box individuels. A cela s’ajoute des box de training dont un qui est équipé d’une balance.

Intérieur de la maison des éléphants

Fait peu répandu en Europe, l’installation intérieure des éléphants héberge un bassin de 239m3 faisant 4 mètres de profondeur et visible via une vision sous marine. Le système de filtration de ce bassin met 1h30 pour redonner une vision limpide une fois qu’un éléphant a plongé dans ce bassin. Le bassin intérieur fait l’objet d’une animation. Les jours de forte affluence, les soigneurs encouragent les éléphants à aller se baigner et les visiteurs peuvent alors assister à ce spectacle extraordinaire et rare de voir des pachydermes sous l’eau.

Bassin intérieur

     

Le parc extérieur des éléphants

Vue d'ensemble

A l’extérieur, 3 grands espaces sont consacrés aux éléphants. Un enclos invisible du public est réservé généralement aux mâles, mais peut être occupé par tout les groupes, en plus des deux enclos grands extérieurs visibles du public.

Enclos extérieur principal

Enclos extérieur principal

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Enclos extérieur principal

Petite anecdote qui a son importance, le complexe totalise plus de 40 portes de passage réservées aux éléphants, permettant ainsi d’isoler facilement les différents espaces.

Le sol des différents enclos est fait de sable. En effet, la terre est trop glissante pour les éléphants et la végétation peut être alors beaucoup moins stable. Zürich a donc fait analyser plusieurs sables afin qu’ils ne soient ni trop compactes, ni trop glissants pour les pachydermes qui vont pouvoir faire plus de mouvements (il est un peu plus difficile de se mouvoir dans le sable) et de freiner les phénomènes d’obésité récurrents chez les animaux les plus vieux. De plus on sait maintenant que les éléphants dorment couchés (quand ils le peuvent) et non pas debout comme la légende urbaine qui affirmait le contraire. Le sable permet alors de limiter les abcès dus au béton lorsque les éléphants se couchent.

Outre le grand bassin du bâtiment, l’espace extérieur possède également plusieurs zones de baignade. Ainsi 5 autres bassins sont répartis dans les 3 enclos :

  • L’enclos principal en accueille 3. Le plus grand fait 4 mètres de profondeur, le deuxième 3m et celui sous la cascade à une profondeur de 50cm.
  • L’enclos 2 est également équipé d’un bassin de 2m semblable à celui de l’enclos principal.

 

Démonstration de training et enrichissements du milieu

Mur de travail

Pratiquement tous les jours, le Zürich Zoo propose aux visiteurs une animation autour des éléphants. Une démonstration de training  sur un mur de travail à l’extérieur. La particularité de ce mur est d’être totalement fondu dans le décor. On est donc loin des habituels murs de travail avec des barreaux en fer classiques qui ne sont pas du tout thématisés que l’on peut voir dans les autres parcs zoologiques réalisant du training.

Au niveau des enrichissements, ce sont plus de 40 places qui ont été installés pour cacher de la nourriture et enrichissement, qui sont répartis sur les différents enclos. Filets à foin, caches, buses, sont disposés sur l’ensemble du complexe. Ces caches servent aussi d’outils pédagogiques. En effet, une cabane équipée d’un distributeur et d’une vitre (!) permet aux visiteurs d’avoir un jolie vision sur la bouche de l’éléphant lorsque celui ci s’approche et se sert dans le distributeur. Cette vitre permet une vision très spectaculaire pour le public qui a vraiment l’impression d’être au contact avec l’animal.

Les soigneurs sont au nombre de 4 à la journée et sont 8 à être formé sur ce secteur. Ils s’occupent non seulement des éléphants mais aussi de l’entretien général de l’installation et de la végétation du complexe. Végétation qui est arrosée automatiquement grâce à l’eau de pluie collectée sur le toit du bâtiment.

 

 Les éléphants de « Kaeng Krachan et autres animaux 

Au total 3 groupes sont présentés dans les différents enclos. Le premier est celui des deux mâles « Maxi » et « Thaï ». Hors des périodes de musth, ils cohabitent plutôt bien. Il faut savoir que « Thaï » le jeune mâle n’a eu qu’une seule période de musth depuis son arrivée. « Maxi » lui n’a pas eu de période de musth. Rappelons que le « musth » est un état qui revient périodiquement chez les éléphants mâles qui se caractérise par des comportements agressifs du à une augmentation sensible de leurs hormones de reproduction.

« Indri » et ses filles « Chandra » et « Omysha », la petite dernière, sont présentées ensemble. « Ceyla Himali »et sa fille « Farha » forment  enfin le 3ème groupe de Zurich. En effet les deux familles ne pouvant plus cohabiter, les jeunes se cherchant trop, il a été décidé de séparer les deux groupes. « Farha » est d’ailleurs gestante et un jeune éléphanteau devraient agrandir le groupe début 2017.

 
Nom Sexe Age Origine
Maxi Mâle 46 Thaïlande
Thaï Mâle 12 Zoo d’Heildeberg
Indi Femelle 30 Burma
Ceyla Himali Femelle 41 Sri Lanka
Chandra Femelle 14 Zoo de Zurich
Farha Femelle 11 Zoo de Zurich
Omysha Femelle 2 Zoo de Zurich
Thaï (Hussein x Thura)

Thaï (Hussein x Thura)

Indri

Indri

Maxi

Maxi

Omysha (Maxi x Indri)

Farha (Maxi x Cayla Himali)

Farha (Maxi x Cayla Himali)

Chandra (Maxi x Indri)

Chandra (Maxi x Indri)

Un groupe d’antilope Cervicapre mâle vit également sur le territoire extérieur des éléphants. Ils ont leur propre bâtiment avec un enclos de retrait réservé spécialement pour eux.

Antilope cervicapre

A l’intérieur du bâtiment, d’autres espèces sont présentées dans différentes installations et vivariums. Ainsi le visiteurs peuvent découvrir dans un faux tronc d’arbre, une volière occupée par des étourneau de Rothschild (Leucopsar rothschildi) et des petits Tragules malais (Tragulus javanicus).  Différents terrariums incrustés dans le faux tronc présentent également des araignées Goliath (Theraphosa blondi) et des blattes souffleuses de Madagascar (Gromphadorhina portentosa) . Enfin des géoémydes de Spengler (Geoemyda spengleri ) sont installées dans un terrarium à ciel ouvert.

Terrarium

Terrariums des Géomydes

Côté visiteur

 

Mais « Kaeng Krachan », ca veut dire quoi?

 

Et oui, depuis tout à l’heure on parle de « Kaeng Krachan », mais on a pas expliqué ce que c’était ! Le Kaeng Krachan National Park est un parc national naturel situé en Thaïlande. La zone des éléphants reconstitue, d’après le zoo, une sorte de reconstitution de cette « réserve » sauvage, c’est pourquoi la thématisation est très importante et que le bâtiment n’a pas une forme de « hangar classique ».

Le Zurich Zoo travaille avec le parc national de Kaeng Krachan en leur reversant des sommes d’argents chaque année pour aider le parc dans son action pour allier agriculture et éléphants.

 

Une partie d’un village typique du parc national a été reconstitué à Zurich. Des cabanes détruites et des zones faussement piétinées par les éléphants sont donc présentes aux abords des enclos, visant à reconstituer le conflit éléphants/humains qui sévi dans ce parc national. Enfin des solutions au problème de destruction des champs par les éléphants ont été installés telle que des fils tendus avec des clochettes qui alertent les gardiens de nuit dans le but d’effrayer les pachydermes avec des objets bruyants. Ce système semble bien fonctionner à l’heure actuelle dans à Kaeng Krachan.

Parcelle piétinée par les éléphants

Clotûre avec fil et clochettes

Panneau explicatif

Cabane détruite

La restauration

Un stand de restauration Asiatique est présent sur le site dans une jolie pagode au dessus de l’enclos des éléphants intérieur. Plusieurs plats sont proposés dont le poulet aux légumes avec du riz que nous avons testés et validés !! Avis aux amateurs, ça change de la restauration rapide de nombreux parcs zoologiques !

Ce pavillon asiatique dans le dôme peut être aussi privatisé à l’occasion d’événementiels.

 

 

Remerciements particulier à Robert Zingg, zoologue du Zurich Zoo qui m’a guidé dans la visite de cette installation hors norme dans ce zoo hors norme !

 

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