Zoo de la Palmyre : le renouveau


Il est longtemps resté le premier Zoo de France et la quasi la totalité de la population a des souvenirs dans ce zoo entre deux journées de plage que ce soit les ours polaires nageant sous l’eau, la proximité avec les éléphants ou encore le grand rocher des flamants roses à l’entrée du Zoo. Après 50 ans d’existence le Zoo de la Palmyre s’apprête à entrer dans une nouvelle aire, ce zoo qui a été le zoo moderne du XXème siècle souhaite se métamorphoser pour devenir le zoo moderne du XXIème. Attention toutes fois, pas question de tout casser pour tout reconstruire, le zoo est très attaché à ses racines, son histoire, qu’il partage avec des milliers d’animaux mais également des milliers (voir des millions !) de visiteurs.

Pour mieux comprendre ce phénomène de métamorphose, nous avons demandé à contacter Pierre Caillé, le futur directeur du parc C’est son grand-père, Claude Caillé (décédé le 17 mars 2011) qui a créé le Zoo en 1966, il a laissé les rênes du parc à Patrick, le père de Pierre en 2005. Ce dernier travail réellement e tant qu’assistant de direction au parc depuis 2015 (même si il a déjà officié en tant que soigneur le temps d’une saison). Voici donc un petit résumé de notre rencontre avec lui…

L’interview

Pierre Caillé ©O.Gallon

Pouvez-vous vous présenter pour les personnes qui ne vous connaissent pas ?

Exposition sur les 50 ans du zoo © Oscar Gallon

Exposition sur les 50 ans du parc © Oscar Gallon

« Alors, je m’appelle Pierre Caillé, j’ai 26 ans et je viens d’arriver au Zoo de la Palmyre depuis 1 ans et demi maintenant de manière définitive on va dire. On va voir ce que l’avenir nous réservera mais en tous cas c’est prévu comme tel. J’ai fait des études au départ en commerce avec une spécialisation en droit et en finances. C’est vraiment pour me renforcer sur cette partie gestion. Mon père et mon grand-père sont des autodidactes, des hommes de terrain qui connaissent bien la matière technique et les animaux. Mais c’est vrai que sur cette partie administrative… bon on on faisait appel à des organismes externes, mais on avait un peu moins d’aisance là dessus. Donc il m’ont dit les carences qu’ils avaient et qu’ils auraient voulu complété si ils avaient pu. C’est pour cela que j’ai pris cette voie là et que je suis arrivé finalement relativement tardivement dans le parc par rapport à eux. J’avais fait quand même quelques saisons au zoo en été pendant les études dont 3 mois en tant que soigneur animalier pour m’assurer que c’était bien ça qui m’intéressait pour la poursuite de ma vie future. Mais de toutes façon ça m’a plus car d’un point de vue professionnel c’est hyper enrichissant et c’est hyper évolutif, tous les jours on se remet en question. Les animaux m’apporte une satisfaction assez incroyable par rapport aux autres métiers (même si j’en ai fait peu) que j’ai pu exercer auparavant. »

 

Pour ceux qui ne le connaissent pas (mais qui ne le connaît pas ?), comment on présente le Zoo de la Palmyre ?

« Le Zoo de la Palmyre c’est un zoo qui a 50 ans maintenant (on les a fêtés le printemps dernier) et qui s’inscrit dans un patrimoine naturel fantastique : la Forêt de la Coubre. C’est un massif forestier dunaire initialement peuplé par des chênes verts auprès desquels on a planté des pins maritimes ce qui donne une couverture très agréable en été. C’est un zoo qui accueille entre 600 et 700 000 visiteurs par an pour une durée de visite de 4 à 5 heures. »

Ours polaire © Oscar Gallon

Pour vous, qu’est ce qu’un parc zoologique moderne ?

La proximité des animaux à la Palmyre est flagrante ! © Oscar Gallon

« C’est un parc qui assume pleinement ses 3 principales missions : bien être animal, pédagogie et conservation. Mais la définition d’un parc zoologique moderne est en perpétuelle évolution. Car pour mon père et mon grand père à l’époque, leur zoo était moderne. Dans tous les cas, il y a une prise de conscience du bien être animal qui est vraiment renforcé et qui fait l’objet de discussions de plus en plus forte même au niveau des associations professionnelles comme l’Afdpz ou l’EAZA. Et c’est vrai que c’est vraiment quelque chose de plus présent que l’on avait moins à la création des parcs où même la notion de bien-être pour l’homme était différente. Ils avaient un deux pièces avec un poêle à bois dans la cuisine et c’était déjà le confort, donc tout a pas mal évolué à ce niveau là. Pour en revenir à la question, le bien être animal est une question centrale. On a pas mal de choses à faire ici, comme travailler sur nos substrats, on est restés sur des choses assez traditionnelles. On avait essayé par exemple de changer en mettant du gazon mais nous n’avons pas un sol permettant de le laisser pousser et compte-tenu des espaces que l’on a, l’intensité de piétinement et de broutage sont trop forts… Donc voilà pour cette mission de bien être animal, les zoos doivent l’assurer pleinement. Pour ce qui est de a conservation et la pédagogie, je pense qu’elles vont être également intensifiées. La conservation, je trouve que la mutualisation des moyens, c’est un axe à développer aussi, c’est déjà la cas mais beaucoup de parcs s’approprient leur propre programme, donc chaque acteur de la conservation doit trouver plusieurs financeurs et ça leur prend du temps et des moyens. Donc si il n’y en avait qu’un au niveau de l’Afdpz et l’EAZA, ce serait un axe de développement. Mais il est vrai que l’on a toujours des partenaires avec lesquels on a un attachement personnel on va dire dans notre histoire. La pédagogie après, au Zoo de la Palmyre on est sur des ateliers pédagogiques où les scolaires viennent au Zoo. Ça marche très bien et les retours sont satisfaisants mais on peu imaginer que les relations avec les classes soient plus dans la longueur. Parce que là, ils viennent pour un ou deux ateliers puis ils repartent. Là ce serait développé sur l’année entière, avec des programmes plus construits et des projets plus aboutis, avec les écoles du coin. »

Que préférez vous dans le parc ?

« Ce que l’on préfère souvent dans un parc ce sont les dernières réalisations. Chez nous ce sont les grands singes, c’est une espèce qui nous tient vraiment à cœur. Déjà par la relation que mon grand-père pouvait avoir avec eux, parce qu’à l’époque on avait une relation assez forte avec les animaux avec l’élevage à la main et l’échange état dans les deux sens. Avec bien sûr les mauvais côtés, problèmes de réintroduction dans certains groupe et attachement un peu trop fort justement vis à vis de l’Homme. C’est vrai que ces grands singes c’était un volonté de les accueillir dans un espace qui était plus agréable. C’est vrai qu’on les voit peut-être un petit peu moins bien que dans les surfaces que l’on avait avant. C’est toujours un dilemme,mais là globalement ça a été bien compris car ils restent encore dans des espaces qui restent accessibles facilement. C’est une installation où on a tenté de réunir au mieux les 3 objectifs principaux d’un parc : bien-être des animaux, travail des soigneurs et plaisir de visite. »

Extérieur grands singes © Oscar Gallon

Intérieur grands singes © Oscar Gallon

Intérieur grands singes © Oscar Gallon

Les projets de la Palmyre

Pierre Caillé nous a informé que des travaux, pour un nouveau bâtiment éléphant afin de recevoir un nouveau mâle, étaient en cours. Il ne sera pas accessible au public mais comprendra un box sécurisé pour le mâle ainsi qu’une loge de training accessible à tout le groupe. Cela améliora le travail de training des soigneurs au niveau des éléphants.

Il nous l’a bien affirmé : pas de gros projets Les rénovations du parc se feront en gardant l’esprit la Palmyre, dans le respect du travail des anciens, mais avec les normes actuelles pour le bien être animal.  Dans le livre édité à l’occasion des 50 ans du parc, on peut lire que « Le zoo est arrivé à maturation ». Peu de chance donc de voir de gros gros travaux à la Palmyre avant de nombreuses années !

Grâce au nouveau bâtiment les 3 éléphantes pourront recevoir un compagnon mâle ! © Oscar Gallon

ACtuel bâtiment des éléphants © Oscar Gallon

Actuel bâtiment des éléphants © Oscar Gallon

Nous tenions à remercier Pierre Caillé pour son accueil et sa gentillesse et lui souhaitons beaucoup de réussite pour la gestion de son parc !

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