Biotropica, un parc en pleine expansion !


Biotropica, un parc en pleine expansion !

 

Biotropica est un parc situé à Val-de-Reuil en Normandie, abritant une serre de 6000 m² et un espace extérieur, et créé par les fondateurs du Zoo de Cerza, Thierry et Anne JARDIN. C’est un espace dédié essentiellement au biotope tropical, qui a ouvert ses portes il y a 5 ans, en Septembre 2012. La serre, qui a coûté 8 millions d’euros, a été pensée dans une démarche purement écologique puisque le parc est équipé d’une chaudière à bois, d’une dizaine de kilomètres de tuyaux implantés dans le sol, d’un double vitrage pour l’ensemble de la structure, pour que les animaux habitués à une chaleur étouffante soient dans les meilleures conditions !

 

 

 

Les jardins animaliers de Biotropica se composent de 7 espaces comprenant la serre, qui est le projet central, puis des espaces situés à l’extérieur nommés par des noms géographiques : le bush australien avec les Wallabies, le lac des Pélicans, le Jardin d’Asie, la brousse Africaine, la ferme des enfants et enfin la crique des manchots !

 

Le parc propose de nombreuses activités avec une dizaine de « goûters animaliers » pour les animaux de la serre et du parcours extérieur tout au long de la journée.

 

Biotropica est un parc en pleine expansion puisqu’il ne cesse de s’agrandir en s’enrichissant de nombreuses espèces chaque année. Les naissances exceptionnelles comme le calao pie, des paresseux à trois doigts (seul parc en France à donner naissance à des bébés paresseux depuis 30 ans!), des bébés suricates, des crocodiles à nez allongé d’Afrique (faux gavials) et dernièrement d’un tatou à 3 bandes, font de ce parc un élément central de la conservation des espèces… Un jeune parc qui a finalement tout d’un grand !

Actu’Zoo vous accompagne au cœur de Biotropica, grâce à une interview de Laëtitia LASSALLE, la responsable pédagogique du parc !

 


  • Pour commencer, que signifie Biotropica ? Pourquoi avez vous choisi ce nom pour le parc ?

« Biotropica est au départ une volonté de Thierry et Anne JARDIN les fondateurs de Cerza, d’avoir une serre tropicale, donc il fallait trouver un nom qui rappel ce genre de biotope et Biotropica sonnait plutôt bien et fait vraiment « tropical » pour le coup ! »

 

  • Quand a été créé le parc et avec quelles dynamiques ?

 «  Les créateurs de Cerza avaient envie d’une serre tropicale ! La question s’est posée, où doit-on mettre la serre tropicale ? Dans Cerza ou créer un deuxième parc. En fait les études ont montrées que de faire une serre de la taille de Biotropica dans Cerza, augmentait énormément le prix d’entrée au parc et ce qui forcément réduisait la possibilité pour tout un tas de visiteurs de venir, et donc la décision a été prise de créer un autre parc, ce qui permet aux visiteurs dans une année de visiter les deux parcs ou en une année visiter Cerza, une autre Biotropica ou entre guillemet diviser les dépenses, c’était la dynamique de départ ! Après les études ont commencé en 2007-2008 et les travaux ont commencé en 2011 pour une ouverture le 7 septembre 2012, il y a 5 ans. »

  • Quelles sont les dernières naissances de Biotropica ? (il y a tout le temps des naissances!)

 « Dans les dernières naissances, nous avons eu le petit tatou au mois de Mai, puis le Calao qui est sorti début septembre du nid et cette année nous avons eu des suricates au mois d’avril. Sinon, les espèces que nous avons  tout au long de l’année, ce sont les petites grenouilles ou encore les chauves souris géantes (il n’y a pas de vrai moment fixe!). »

Les naissances sont une très grande force du parc puisqu’elles sont très fréquentes et souvent issues d’espèces menacées :

  • Une quinzaine de scorpions dictateurs (le seul parc à détenir cette espèce en Europe!),
  • Naissances de Sid et de Flash (les deux bébés paresseux à 3 doigts en 2015 et 2016),
  • Des petits porcs-épics du Cap en début d’année,
  • Des bébés suricates en Avril dernier,
  • Les crocodiles à nez allongé d’Afrique,
  • Pigeons couronnés, une ânesse naine nommé Gipsie,
  • Un tatou à 3 bandes,
  • Des chauves-souris géantes de Livingstone
  • Un calao pie !

 

 

  • Y aura-t-il prochainement de nouveaux arrivants dans le parc ?

« Dans l’immédiat non, mais forcément nous réfléchissons pour la suite, en nous positionnant pour 2018 et donc très certainement de nouvelles espèces de petits singes. Autant l’année dernière et cette année, nous avons fait des nouveautés à l’extérieur du parc, l’année 2018 sera vraiment axée sur la serre. On aimerait beaucoup avoir un peu plus de singes se promenant dans le parc. On avait une famille de tamarin empereur où la maman est malheureusement décédée, donc la famille n’a pas tenu le choc. »

Dernièrement, les Coendous (des Porcs-épics arboricoles) sont arrivés en juin dernier du Zoo de Francfort et de Kerzers en Suisse. La petite nouvelle du parc est la Mygale à pattes rouges !

 

  •  Vous n’aviez pas récupéré ces animaux d’un trafic ?

« Oui ce sont les ouistitis pygmées qui sont aujourd’hui à la place de l’ancienne famille des tamarins empereurs. Comme la famille d’empereur a complètement explosé à cause du décès de la maman, nous les avons fait partir dans un autre parc et à la place, on a récupéré ces ouistitis qui sont issus du trafic, saisis en Espagne. Si nous regardons bien cet enclos, nous avons une femelle empereur qui est avec « la fille » de la famille précédente qui s’est complètement faite rejeter par les autres et qui pour le coup, s’entend à merveille avec les ouistitis pygmées donc ce n’est pas plus mal ! »

 

  • Est-ce qu’il était important pour vous d’avoir une serre tropicale et un espace extérieur ?

 «  Je pense que c’était une évolution mais pas forcément indispensable, dans le sens où dans une serre on « ne peut pas pousser les murs » donc un moment donné, on a déjà modifié le parc par rapport à son ouverture, l’intérieur ne ressemble pas exactement, ça a quand même évolué avec des espèces qui sont partis, d’autres arrivés. L’extérieur n’était au départ pas un accessoire, mais il fallait faire des choix… Quand on est dans un parc, les extensions coûtent cher pour créer beaucoup d’enclos, au départ c’est vrai que le parc extérieur c’était le lac avec les Pélicans, les Wallabys et la mini ferme, mais ça avait quand même vocation à se développer ! Finalement, ça prend de plus en plus de place parce qu’on s’est rendu compte que c’était quelque chose que le visiteurs demandaient pour avoir un temps de visite plus long et que ce soit un peu plus « sympa ». Pour le coup, c’était génial de créer différent territoires, un territoire tropical avec la serre, un territoire africain, un territoire australien… La serre effectivement, ce n’est pas la forêt amazonienne, c’est un peu toutes les forêts tropicales, car on a des animaux qui viennent de différents endroits du monde ! « 

En 2016, le parc à ouvert l’espace de la brousse africaine avec plus de 2000 m² où évoluent des guépards du Soudan (une sous-espèce), suricates, fennec et porc-épic dans un décor typiquement Africain ! A noter qu’une immersion avec les oiseaux Africains est proposée pour les visiteurs, grande de 450 m² dans le parcours extérieur dans la brousse africaine !

 

 

  • Vous avez eu des naissances exceptionnelles, que ce soit les scorpions dictateurs, le petit Flash dernièrement, le bébé tatou, faux gavial, c’est vraiment fantastique pour le parc et la protection de ces espèces… C’est la preuve que tout le monde se plaît à Biotropica ?

 «  On a beaucoup de naissances effectivement et il n’y a pas longtemps, on a regardé avec nos directeurs : en 5 ans, se sont reproduites plus de 50 espèces, donc ce qui est pour nous quelque chose de gratifiant. Il faut le reconnaître que c’est génial car ça prouve que ce que l’on fait, ça marche. Les Paresseux, c’est l’exemple typique dans le sens où il n’y a vraiment pas de naissance dans les parcs en Europe, ça ne se compte que sur les doigts d’une main, et en France c’était dans les trente dernières années qu’il y avait eu ce genre de naissance… Cette naissance est un bon compromis, les animaux se sentent bien, ils ne sont pas stressés. Les visiteurs sont proches des animaux mais suffisamment éloignés pour que les animaux se sentent bien, Pour les paresseux par exemple, il y a beaucoup de personnes qui nous disent « je n’ai jamais vu des paresseux aussi actifs en  parc zoologique » et c’est vrai qu’on les voit manger, se déplacer… On a vraiment de la chance avec nos animaux, on ne peut pas rêver mieux ! ».

 

A noter que Flash est né en novembre 2016, très peu de temps après Sid (octobre 2015) qui n’avait toujours pas fini d’être sevré ! Biotropica et ses soigneurs se sont occupés de lui en le nourrissant comme peut le faire un Paresseux adulte dans la nature. Pour palier le manque de sa maman, les équipes ont eu la bonne idée de lui offrir une « peluche Paresseux », qui permet à Flash de dormir dessus tranquillement dans la serre tropicale.

 Facebook Biotropica

 

  • Sur ce genre d’événement, avec les naissances qui arrivent très rarement, vous êtes réputés !?

« Oui et c’est ça qui nous fait d’autant plus plaisir, c’est comme tout nouveau parcs qui se créer, il y a toujours la petite appréhension « pourquoi faire un nouveau parc ? ». Et on arrive a montrer que même si on est un très jeune parc, on s’en sort pas si mal ! Le but c’est d’avoir des espèces que les visiteurs connaissent et qu’ils vont avoir envie de voir, notamment les guépards. Et vu que c’est la même sous espèce que Cerza, ça nous permet de faire des échanges et de favoriser la reproduction, et d’un autre côté on va mettre d’autres animaux comme les Écureuils terrestres que nous sommes les seuls a présenter en France et que le visiteur ne connaît pas en général. Si on regarde tous les parcs c’est un petit peu pareil, il faut avoir un juste milieu et penser aux visiteurs. « 

 

  • Globalement ils sont très contents, si on regarde sur Tripadvisor, la page Facebook… vous avez de très beaux commentaires

 « On a de très bons retours c’est vrai, que pour nous c’est vraiment gratifiant ou même quand on parle avec nos visiteurs, on se dit qu’on est parti dans la bonne dynamique, on a trouvé les choses qui leurs plaisent, les animaux sont en super formes, on a trouvé le juste milieu, c’est agréable ! « 

 

  • Pourriez vous parler des relations avec le parc du Cerza ?

 «  On a forcément des relations avec le Cerza, comme les échanges d’espèces. Mais on n’a pas plus de relations avec le Cerza qu’avec d’autres parcs. C’est à dire que si on regarde nos animaux, on a les Paresseux qui sont arrivés d’Allemagne, les Coendous sont les derniers arrivants, ils proviennent des Pays Bas et le mâle venait de Suisse. On a forcément un lien fort avec le Cerza car c’est « le grand frère » de Biotropica , mais nous sommes « nous ». C’est-à-dire que lorsque les animaux arrivent, systématiquement les autres parcs envoient les animaux vers Biotropica, et non vers le Cerza. On essaye vraiment d’avoir notre structure autonome, car elle est complètement différente du Cerza, avec deux équipes différentes, deux directions différentes, deux vétérinaires différents. Certaines personnes n’ont pas cette impression car tout le monde connaît le Cerza dans le monde des zoos, mais Biotropica essaye vraiment d’être différent, bien que les liens sont évidents puisqu’on appartient au même patron. »

 

  • Avez-vous des travaux de prévus : constructions, extensions, nouveaux enclos ?

 «  Pour cette année ce sera vraiment la partie « petits singes » et dans les années qui viennent, on a beaucoup d’idées, dont une extension de la serre avec de l’eau de mer pour des requins… »

  • On a aussi pu suivre que vous aviez réaménagé la mini ferme ?

« Cette année, la ferme a été refaite et réaménagée en un enclos pour chaque espèce (pour lapins, poules, ânes, chèvres etc.) où un bassin pour volatiles (canards mandarins, dendrocygnes etc.) est présenté au milieu. Les enfants peuvent interagir avec les espèces sans les déranger dans leur milieu. Petit à petit il y a certaines choses que l’on améliore et d’autres fois où on créé complètement.

A noter qu’en 2018, à proximité de la ferme des enfants, un refuge pour les tortues de Floride va être créé en raison des abandons récurrents par les propriétaires de ces animaux. »

 

  • Quelles sont les idées fondatrices du parc, le maître mot de Biotropica ?

« Nous ce qu’on veut mettre en avant et ce qu’on essaye de développer (un peu comme tous les parcs), c’est de permettre aux visiteurs de voir des espèces qu’il ne connaissent pas, mais en même temps avoir ce discours pédagogique sur les disparitions, la protection de l’environnement… Je pense que notre différence, c’est la proximité, car on est un petit parc et les soigneurs sont souvent dans les allées, on échange… Ça c’est une chose a laquelle on tient vraiment, de réussir à rester proche de nos visiteurs et à leur donner des informations, toujours des petits messages car on n’a pas « juste des animaux pour avoir des animaux »

 

  • C’est vrai que d’être dans une serre comme la vôtre et d’être aussi proche de la nature, c’est un dépaysement total

 » Oui exactement, c’est de dire aux gens, qu’il existe ce biotope et c’est sûr que tout le monde n’a pas les moyens d’aller en Amazonie. Donc pour le coup c’est de permettre aux visiteurs de voir toute cette vie et que si nous ne faisons rien pour les différentes espèces animales et végétales, tout peut disparaître… « 

  • Nous avons vu qu’il y avait un programme de protection des faux gavials d’Afrique de l’Ouest, que vous vouliez développer avec d’autres pays… Où en est-il aujourd’hui ?

 «  C’est en cours effectivement, on est entrain de le mettre en place car il n’y a pas de programme existant pour cette espèce. Nous sommes les seuls à les reproduire avec une naissance en 2015 et un autre parc en Floride, qui en reproduit également. Le but, ce serait de savoir quelle population compte cette espèce dans son habitat, pour pouvoir faire les échanges adéquats et que nos naissances soient utiles à l’espèce. Notre mâle ne s’était jamais reproduit comme nos femelles. Les espèces ne sont pas affiliées aux autres parcs et zoos d’Europe. On aimerait beaucoup travailler avec les États Unis, et d’autre pays, mais ce n’est que le début, il faut prendre le rythme et laisser le temps à ce programme de s’installer. On a déjà contacté l’EAZA pour pouvoir le mettre en place et le gérer. Sachant que François (HUYGHE, le directeur), l’ancien vétérinaire de Cerza, gérait déjà des programmes d’élevages, il n’y a pas de soucis, il sait comment faire.

Dans la nature, le faux gavial est en danger critique, il n’en reste que 400 individus. Les visiteurs adorent les crocodiles mais que ce soit un crocodile ou un alligator, il ne vont pas forcément faire la différence. Nous on veut justement marquer cette différence et montrer que c’est très important de préserver cette espèce. Ce qui nous fait plaisir c’est que c’est une espèce qu’on adore, qu’on a réussi à reproduire ce qui est déjà génial, et c’est le fait de ce dire qu’on y arrive donc il n’y a pas forcément de raison que les autres n’y arrivent pas. Nous ne sommes pas meilleurs que les autres, si nous arrivions à coordonner tout ça et être sûr que les individus qui sont ensemble sont capables de se reproduire et de grossir la population, ce serait le top… »

  • Quelles sont les caractéristiques qui font que Biotropica est un endroit unique ?

 «  Je pense qu’a la base c’est la serre. Certes maintenant il y a la serre du parc zoologique de Paris, mais finalement si on regarde bien, ce n’est pas organisé de la même façon. Heureusement j’ai envie de dire, car c’est mieux que l’ont soit différent… Et cette proximité avec les visiteurs notamment sur les réseaux sociaux, on essaye d’alimenter, de mettre des informations car on sait que les visiteurs en raffolent. Par exemple, faire participer les personnes à trouver les prénoms des nouveaux animaux. Moi même, je regarde ce qu’il y a dans les autres parcs, non pas pour comparer mais pour avoir envie de voir ce qui se passe ailleurs. Je me dis que les visiteurs doivent être pareils. Une fois qu’ils sont venus et que par exemple ils ont vu Flash ; ils ont d’abord suivi sa naissance, ils l’ont vu grandir, maintenant il ne va pas tarder a avoir un an… On aime bien marquer ces petits temps et les faire partager aux visiteurs. Les gens sont demandeurs des nouvelles de nos animaux, des nouvelles des espèces qui viennent d’arriver. Ils veulent venir les voir, comme les Coendous dernièrement. La proximité reste l’élément le plus important. »

En 2016, 200 000 visiteurs sont venus visiter la serre zoologique, une fréquentation qui ne cesse d’augmenter depuis l’ouverture…

  • Pourriez-vous définir Biotropica en 3 mots ?

 «  Elle est très difficile votre question ! Je pense que ce côté tropical avec notre serre, la proximité avec les visiteurs et les animaux qui est peu commune, car peu de parcs présentent de petits animaux. On n’a pas la place d’avoir des rhinocéros pour « les mettre dans une boite à chaussure », ce n’est pas le but. Mais d’avoir des petits animaux pas forcément connus, comme les Crapauds mousses, encore une fois c’est vraiment un animal qui plaît au public car les personnes cherchent où ils se trouvent dans leurs petits enclos ! C’est ce que que je retiens, ce que l’on veut mettre en avant et ce que l’on aime ! »

 


Enfin, le parc vient de préciser sur sa page Facebook que des travaux avaient débutés dans la serre tropicale pour la saison 2018… surprise pour la suite !

 

Venez découvrir la serre tropicale où vous accueillent aras, tatous, grenouilles, tamarins et l’espace extérieur avec les guépards, loutres naines d’Asie, wallaby agile ou encore alpagas !

 

Remerciements à Mme LASSALLE qui a donné de son temps pour répondre à nos questions et à l’ensemble du parc pour son sens de l’accueil !

 

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