Dossier installation: La serre tropicale Guyane/Madagascar (Parc zoologique de Paris)


Dossier installation
La Grande serre du Parc zoologique de Paris

 

La première pierre de la rénovation du Parc zoologique de Paris, mieux connu sous le nom de Zoo de Vincennes, a été posée le 7 décembre 2011. Le zoo était fermé au public depuis le 30 novembre 2008.  Cette rénovation était très attendue puisque depuis son ouverture en 1934, le parc n’avait quasiment jamais été modifié ou rénové. Il avait donc bien besoin d’une petite cure de jouvence. Cet important projet de rénovation aura duré 27 mois. Il visait à immerger les visiteurs dans des paysages évoquant cinq grandes zones géographiques de la planète, les biozones (Patagonie, Sahel-Soudan, Europe, Guyane et Madagascar) correspondant à différents écosystèmes. L’un des éléments forts du nouveau Parc zoologique de Paris, la construction d’une serre géante tropicale.

 

 

Présentation de la Grande serre tropicale

Longtemps, le fameux Grand Rocher fut le symbole du zoo de Vincennes. Aujourd’hui, s’il conserve bien entendu son rôle, il lui faut le partager avec une nouvelle venue: la Grande Serre. Une hauteur en son centre de 16 mètres, 4 000 m2 de verre et d’acier protégeant 3 000 m2 au sol, 100 mètres de long, le tout pour une totale immersion dans l’univers originel de l’animal : un écosystème tropical. Grâce une température ambiante de 25°C et un taux d’humidité de 75% ; arbres, palmiers, fougères ou d’autres plantes originaires de Guyane et de Madagascar peuvent s’épanouir et accueillir dans leurs feuillages une vingtaine d’espèces d’oiseaux qui se déplacent en semi-liberté dans la serre.

 

La construction de la serre 

Cette serre à été conçue par Bernard Tschumi Architects (BTA). Les travaux de construction réalisés par la société Bouygues Bâtiment Ile-de-France (tout comme le reste du nouveau parc zoologique) ont officiellement débuté en septembre 2011 et auront duré plus de 27 mois ; des premières fondations et l’installation des 6000 panneaux en double vitrage de la serre, jusqu’à la mise en place de la végétation et  l’aménagement des différents enclos, terrariums et bassins qui la composent.

 
 Crédit photo : FG Grandin - MNHN

 

Immersion dans la serre tropicale
Biozone Guyane – Amazonie : 12 530 m²

 

 Crédit photo : FG Grandin - MNHN

• 3 milieux : forêt équatoriale , crique et milieu fluvial.
• 67 espèces dont le caïman nain, le lamantin, l’ara hyacinthe, l’anaconda et de nombreux petits primates…

 

Vivarium des serpents liane, dendrobate à tapirer et criquet phasme

Dès l’entrée dans la grande serre, la sensation d’immersion en forêt tropicale humide est totale. Le circuit de visite permet de découvrir plusieurs vivariums, des volières, des bassins ou encore des enclos « à ciel ouvert », qui abritent une faune particulièrement diversifiée, endémique de Guyane et de l’Amazonie. On peut également découvrir une grande variété d’ambiances tropicales grâce aux multiples effets d’eaux, aux nombreux rochers rapportés (vrais ou faux), et enfin au jeu des niveaux de promenade. Au milieu de la riche flore exotique de la serre sont présentées de nombreuses espèces comme les iguanes, caïmans, tamarins, ouistitis, tamanoirs, lamantins, toucans, etc…

Vivarium des boas constrictor

Volière des ouistitis de Geoffroy http://www.actuzoo.com/wp-content/uploads/2017/11/DSCF1539.jpg

Ara Hyacinthe (Anodorhynchus hyacinthinus)

Statut IUCN: En danger

Les individus: Le Parc zoologique de Paris présente 4 Aras Hyacinthe. Dans la volière extérieure se trouve un duo de mâles, Perlito et Azuro. Dans la volière de la serre, les visiteurs peuvent découvrir un autre couple : Betty et Indigo, qui est né au Burgers’Zoo en 2008 et a séjourné quelques années à la Ménagerie du Jardin des Plantes, avant de rejoindre le Parc Zoologique de Paris.

L’ara hyacinthe est un oiseau de la famille des Psittacidés et compte parmi les perroquets les plus grands du monde. Deux volières, l’une à l’extérieure et l’autre à l’entrée de la grande serre, hébergent les aras.

Fourmi coupe feuille (atta sexdens)

Les individus: Le Parc zoologique de Paris a accueilli trois colonies de ces fourmis coupe-feuilles. Particulièrement rares en parc, ces fourmis sont originaires du bassin amazonien.

Les plus petits animaux du Parc zoologique de Paris sont présentés dans la Grande Serre. Il s’agit des fourmis du genre Atta ou fourmis champignonnistes. Véritable armée en ordre de bataille, ces fourmis se nourrissent d’un énorme champignon qu’elles cultivent avec grands soins, sur une île séparée des visiteurs par un filet d’eau.

Saki Barbu (Chiropotes sagulatus)

Statut IUCN: Préoccupation mineure

L’individu: Arazi, unique représentant de son espèce en France, évolue dans la grande serre avec deux femelles tamarins à mains rousses. Arazi est né au zoo de Belfast, en Irlande. Il a été rejeté par son groupe après le décès de sa mère et a rejoint le Parc Zoologique de Paris en 2014.

Le saki barbu vit dans les forêts tropicales d’Amérique du sud, en Guyane, au Suriname et au Brésil. Il occupe l’une des volières dédiées aux primates Sud Américains.

Lamantin (Trichechus manatus manatus)


Statut IUCN: En danger
Les individus: Un groupe de 3 mâles est hébergé dans le grand bassin de la serre. Tinus, le premier lamantin qui est arrivé à Paris, partage son bassin avec deux mâles : Husar et Herbert, nés respectivement en 2003 et 2009 au zoo de Nuremberg en Allemagne. Herbert est arrivé en 2015 au Parc Zoologique de Paris, et Husar en 2016, après un séjour à l’aquarium de Gênes en Italie.

Crédit photo ©ManuelCohen

Le bassin des lamantins est situé au cœur de la serre du Parc zoologique, il est composé d’un double volume de plus de 630 m3, et est doté d’un équipement de filtration de haute technologie pour offrir une qualité d’eau constante aux lamantins et aux différents poissons amazoniens.

 

Paresseux à deux doigts (Choloepus didactylus)

Statut IUCN: Préoccupation mineure
Les individus: Après vingt ans passés à la Ménagerie du Jardin des Plantes, Taro, une femelle née au zoo de Hanovre (en Allemagne) est arrivée au Parc Zoologique de Paris en mars 2016. Un mâle l’a rejoint cette année en provenance Budapest.

Dans la serre, le paresseux à deux doigts évolue en liberté et circule le long d’un itinéraire de lianes et de cordes tendues à travers la serre, ponctué régulièrement par des plateformes de nourrissages

 

Tamanoir (Myrmecophaga tridactyla)

Statut IUCN: Vulnérable

Les individus: Un couple de tamanoirs est présenté au sein de la grande serre. Tabitha, la femelle, est née à Singapour. Elle vit avec Liano, un mâle originaire de Zurich (Suisse).

Le grand tamanoir est un mammifère qui vit dans les prairies et les forêts humides d’Amérique du Sud et peut mesurer jusqu’à deux mètres. L’enclos qui les abrite est l’un des derniers espaces animaliers de la biozone « Guyane ».

 

 

Crédit photo : Parc zoologique de Paris Crédit photo : Parc zoologique de Paris Crédit photo : Parc zoologique de Paris
Crédit photo : Parc zoologique de Paris Crédit photo : Parc zoologique de Paris
Crédit photo: Parc zoologique de Paris Crédit photo: Parc zoologique de Paris  Crédit photo : Parc zoologique de Paris
Crédit photo : Parc zoologique de Paris
Crédit photo : Parc zoologique de Paris Crédit photo : Parc zoologique de Paris

En dehors de la serre, les visiteurs peuvent également découvrir dans le biozone Guyane/Amazonie, des chiens des buissons, pécaris de Chaco depuis cet automne, jaguars, tapirs et capybaras et enfin des capucins.

 

Biozone Madagascar : 9 655 m²
 Crédit photo : FG Grandin - MNHN

• 2 milieux : forêt humide dans la serre et forêt sèche en extérieur
• 30 espèces dont des lémuriens, tortue rayonnée

 

La forêt humide reconstituée de Madagascar est située en continuité de celle de Guyane. Elle est évoquée par de nombreux arbres dans lesquels sont installées les volières des lémuriens. Très impliqué dans la préservation des espèces endémiques de l’île de Madagascar, le Parc Zoologique de Paris présente au sein de la grande serre une dizaine d’espèces malgaches dont de nombreux lémuriens, des caméléons,  des tortues et divers amphibiens.

 

Grand hapalémur (hapalemur simus)

Les individus: La volière de la grande serre abrite un groupe de plusieurs femelles. Belinta, sa fille Majunga née en 2015, et trois autres femelles : Eosie la femelle dominante, Fitia la doyenne au caractère bien trempé, et sa fille Phinéa, née en 2016. Phinéa est d’ailleurs la seule naissance de grand hapalémur en France cette année là.

 

Cette espèce arboricole évolue dans une immense volière intérieure particulièrement haute et aménagée de nombreux bambous qui leurs sont exclusivement dédiés. Elle dispose également d’un accès vers une installation extérieure.

Mantelle dorée (Mantella aurantiaca)
Crédit photos : Parc zoologique de Paris

Les individus: En 2017, les mantelles dorées ont pondu des œufs pour la première fois depuis leur arrivée, mais malheureusement aucun n’a éclot. Les vétérinaires du Parc Zoologique de Paris prévoient de mettre en contact le groupe du terrarium avec un autre groupe de mantelles dorées non apparentées, venues du zoo de Besançon.

 Ce petit amphibien insectivore qui vit dans les marécages et les forêts de Pandanus occupe le dernier vivarium de la biozone Madagascar de la serre, aménagé d’une berge donnant sur une petite marre avec quelques plantes  

Caméléon panthère (Furcifer pardalis)

L’individu : Arrivé de Zurich en 2014, Léon le caméléon panthère évolue actuellement dans son enclos « à ciel ouvert » dans la partie malgache de la Grande Serre.

  Le caméléon panthère est un lézard de la famille des chamaeleonidés vivant dans les forêts et plaines côtières de Madagascar. Au parc, il est logé dans un vivarium « à ciel ouvert », aménagé de branchages et de plantes endémiques de Madagascar

Néphile de Madagascar (Nephiula inaurata madagascariensis)

Les individus: A l’ouverture de la serre tropicale, un groupe de cinq néphiles était présenté dans un vivarium « à ciel ouvert » (identique à celui des caméléons). En effet, elles sont incapables de monter sur une paroi vitrée avec leurs pattes munies de 3 griffes. Leur nombre a considérablement augmenté depuis l’ouverture de la serre.

 Terrarium typique biozone Madagscar

Elles ont rejoint un terrarium en fin de la biozone, où elles tissent d’importantes toiles, qui comptent parmi les plus longues – jusqu’à un mètre de diamètre – et solides. Autre particularité qui leur est propre : à l’âge adulte, le dimorphisme sexuel est particulièrement favorable à la femelle

Les autres espèces visibles dans le biozone Madagascar

Crédit photo : Parc zoologique de Paris  Crédit photo : Parc zoologique de Paris
Crédit photo : Parc zoologique de Paris Crédit photo : Parc zoologique de Paris Crédit photo : Parc zoologique de Paris
Crédit photo : Parc zoologique de Paris

En dehors de la serre, les visiteurs peuvent également découvrir dans le biozone Madagascar, des fossas, propithèques couronné ou lémurs couronnées et roussettes paillées.

 

Les oiseaux en semi liberté dans la serre

Une quinzaine d’espèces différentes d’oiseaux endémiques de Madagascar et d’Amérique du Sud évoluent en liberté dans la serre.

Dans la grande serre tropicale, les oiseaux ne sont pas les seuls à profiter librement dans ce grand volume. Depuis quelques mois, les groupes de roussettes de Rodrigues et de roussettes paillées y évoluent en liberté.

Les coulisses de la serre

Derrière les terrariums et les enclos se dissimulent nombre d’installations techniques. Autant d’infrastructures qui ont aussi été complètement repensées lors de la rénovation du zoo de Vincennes: loges où les animaux passent la nuit, couloir de contention afin de pouvoir réaliser de petites interventions sans les anesthésier, stockages et chambres froides, ou encore cuisine secondaire pour préparer les repas, visible des visiteurs par une baie de vision.

 

Coté visiteurs
La végétation et l’environnement

Pour ce voyage au cœur de la biodiversité guyanaise et malgache, c’est un chantier gigantesque qui a été mené à bien, au cours duquel il a fallu s’adapter. Réalisés par l’entreprise « Vertdéco », les travaux se sont déroulés en quatre phases successives. L’entreprise s’est d’abord attaquée aux terrassements, puis aux modelages des reliefs, avant de creuser 180 fosses de plantation qu’ils ont remplies de substrat.

Au final, ce sont plus de 3 800 végétaux de toutes variétés confondues que les visiteurs peuvent découvrir dans la serre. Parmi eux, 180 sujets d’exception d’une hauteur moyenne de 6  mètres, et dont les plus imposants culminent à 12 mètres !

 Sélectionnés en Floride avant d’être «acclimatés» pendant 8 mois chez un pépiniériste hollandais, ils ont ensuite été acheminés par semi-remorques, jusqu’à leur destination finale. 

Pour recréer les caractéristiques des biozones de cette trame paysagère et permettre aux plantes de s’installer durablement dans leur nouvel environnement, il a fallu installer un système automatique d’arrosage par goutte à goutte sur un linéaire de… 5 km !

Le rôle de l’élément aquatique ne s’arrête cependant pas là. L’eau a été appréhendée comme une composante forte du parcours scénographique. Elle participe en effet à l’immersion immédiate du visiteur dès le franchissement du sas d’entrée, pour l’accompagner ensuite lors du cheminement, en descendant progressivement via un ensemble de cascades et de multiples bassins jusqu’au plan d’eau principal des lamantins.

 

 
Quelques chiffres sur la végétation de la serre:
– 3 000 m2 de surface plantée
– 230 espèces et variétés végétales différentes (150 en zone Guyane, 80 en zone Madagascar)
– + de 3 800 végétaux dont 200 grands sujets (140 arbres, 60 palmiers)
– 2 500 végétaux dans la zone Guyane
– 1 300 végétaux dans la zone Madagascar
– 12 m de haut pour un « cecropia peltata », le plus grand arbre de la serre
– 20 semi-remorques nécessaires pour la livraison des plantes
– + de 2 000 m3 de substrat
 

 Pédagogie et conservation

La scénographie immersive de la serre est complétée par divers outils et lieux de médiation ayant pour but d’informer et sensibiliser les visiteurs à la diversité du monde vivant et aux enjeux et difficultés de sa gestion durable, afin de reconnecter le citadin à la nature.

Panneaux et cartels ponctuent le parcours de chaque biozone. Les panneaux « paysages » définissent les milieux naturels présentés, les cartels « espèces » regroupent les informations essentielles sur les espèces présentées, les panneaux thématiques approfondissent un aspect du comportement de l’animal, tandis que les panneaux « ouvre l’œil » sont destinés aux plus jeunes afin d’aider à l’observation. Enfin, des panneaux « végétation et arbres » sont également apposés au pied de certains végétaux de la serre.

Tous ces supports proposent dans un langage clair, avec des pictogrammes intelligibles et des données pertinentes, rigoureuses scientifiquement, et donc susceptibles de retenir l’attention tant des adultes que des enfants.

 

Conservation

Le Parc Zoologique de Paris a pour premier objectif la préservation des espèces menacées : ses équipes scientifiques et vétérinaires ont à cœur d’étudier et protéger ces animaux en danger non seulement au parc zoologique, mais aussi dans leur pays d’origine. Les équipes multidisciplinaires du zoo participent ainsi à de nombreux programmes internationaux de conservation, qui regroupent des activités de recherche scientifique (étude de l’espèce animale et de son habitat, gestion des populations, etc.), et des efforts de sensibilisation des populations locales (dans les écoles, les villages, auprès des agriculteurs, etc.).

Le Parc Zoologique de Paris participe ainsi à une quarantaine de Programmes Européens d’Élevage (EEP) et à 19 « studbooks » (livres généalogiques recensant les populations en captivité d’une espèce donnée) dans le cadre de l’Association européenne des zoos et des aquariums (EAZA). Parmi les animaux présentés au sein de la grande serre, les lémuriens (Lémur vari à ceinture blanche, grand hapalémur) et les lamantins des Antilles sont notamment concernés par des programmes de conservation. Le Parc Zoologique de Paris est d’ailleurs à l’origine de la création du programme d’élevage européen pour le propithèque couronné, et le coordonne.

Le zoo offre également la possibilité aux visiteurs de parrainer un animal. Grâce aux parrainages, les experts du Parc Zoologique de Paris développent davantage de programmes de protection de ces espèces, fournissent des soins vétérinaires aux animaux, et mettent en place des actions de sensibilisation pour les populations locales.

 

 

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