Association Hutan


Hutan, qui signifie « forêt » en indonésien, est une association française située dans la partie malaisienne de Bornéo. Elle a été fondée en 1996 par Isabelle Lackman, primatologue, et Marc Ancrenaz, vétérinaire spécialiste de la faune sauvage. Elle a été créée dans le but de faire de la recherche sur les populations locales d’orangs-outans.

 

 

Historique

Lors de leur première visite à Sabah en Malaisie, Isabelle Lackman et Marc Ancrenaz ont pu observer des orangs-outans vivant dans des forêts détruites par l’exploitation des palmiers à huile. Pensant que ce n’était pas possible que cela puisse durer sur le long terme, ils ont voulu étudier si cette situation pouvait être réellement durable ou si ces orangs-outans étaient voués à disparaître. C’est ainsi que l’association Hutan est née. De nombreuses recherches ont alors été effectuées et ont permis de montrer que ces primates avaient une grande capacité d’adaptation aux modifications de leur environnement naturel. En effet, cette population a entre autres modifié sa manière de se déplacer (déplacement au sol) mais a également modifié son régime alimentaire : au lieu de se nourrir de fruits, ils consommaient des feuilles, des bourgeons ou encore des écorces. Le but de ces recherches était de comprendre les stratégies d’adaptation des orangs-outans à leur milieu afin de mettre en place des pratiques permettant une meilleure cohabitation avec l’Homme.

En 1998, Isabelle Lackman et Marc Ancrenaz ont entrepris de construire un centre de conservation à Sukau afin d’y accueillir des orangs-outans blessés et de les réhabiliter.

Toujours dans cette optique d’agir pour la conservation, ils ont décidé d’étendre leurs actions pour d’autres espèces endémiques de cette île comme l’éléphant de Bornéo (Elephas maximus borneensis) ou la salangane à nid blanc (Aerodramus fuciphagus).

 

Localisation

 

L’association est basée à Kampung Sukau, le long de la plaine inondable de Kinabatangan. Elle se trouve donc dans l’état malaisien de Bornéo, Sabah.

 

 

 

 

Une station de recherche à Bornéo, en Malaisie

 

 

 

Actions

 

Sensibiliser les populations locales

L’équipe de l’association a souhaité éduquer la population locale aux contraintes environnementales. Ils ont notamment créé HEAP qui intervient dans les écoles pour sensibiliser les plus jeunes à la conservation du milieu naturel et de la faune qui y vit.

 

L’association a également décidé de réaliser des formations auprès des pêcheurs locaux. En effet, ceux-ci construisent leur bubu (filet permettant de pêcher des crevettes et des poissons) à partir d’écorces d’arbre. Cependant, ils viennent parfois à détruire plusieurs arbres pour trouver la bonne écorce. Il a donc fallu mettre en place des solutions alternatives pour trouver un matériau tout aussi efficace que l’écorce mais plus respectueux de l’environnement.

 

 

 Participer à la gestion de la culture des palmiers à huile

L’huile de palme est une ressource économique majeure pour l’île de Bornéo et la population locale a besoin de cette économie pour vivre. L’association a donc voulu orienter cette exploitation vers une culture durable et responsable. Pour cela, elle a notamment participé en 2018 à la révision des critères du Label RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil) afin qu’ils soient plus stricts. Ce Label a pour but de limiter l’impact de la culture des palmiers à huile tout en respectant les besoins de la population et de la biodiversité.

Régler les conflits Homme / Animal

En 2002, Elephant Conservation Unit (ECU) a été créé dans le but d’étendre les actions de l’association pour la conservation à une autre espèce de l’île : l’éléphant de Bornéo. Elle a par la suite décidé d’intervenir auprès des villageois pour aider les agriculteurs locaux à surmonter les dégâts causés par ces animaux. Cette mission a permis de réconcilier avec succès la population locale avec la faune sauvage.

Réhabiliter les forêts

L’exploitation intensive du milieu a engendré une compaction des sols empêchant ainsi la régénération naturelle du milieu. L’association a donc entrepris de réhabiliter les corridors forestiers. Pour cela, elle a sélectionné 3 parcelles où ont été inséminés 1 752 graines provenant de 6 espèces d’arbre différentes, toutes consommées par les orangs-outans. De plus, ces parcelles ont été protégées par des clôtures électriques afin d’empêcher les éléphants de venir piétiner les sols détruisant les pousses d’arbre en croissance.

Participer à la conservation d’autres espèces emblématiques de Bornéo

En 2009, Hutan a décidé de rétablir les populations locales de salangane à nid blanc afin de conserver sur le long-terme cette espèce. En effet, celle-ci a disparu suite à la destruction massive de ses nids, élaborés à partir de salive et utilisés pour la médecine traditionnelle chinoise. Leur disparition est également due à la culture des palmiers à huile qui ont modifié au cours du temps l’écosystème et réduit ainsi les populations d’insectes dont se nourrissaient ces oiseaux.

 

Association soutenue par:

Zoo de la Palmyre

Zoo de Beauval
(Beauval Nature)

 

Coordonnées :  

Hutan
Jalan Kampung Sukau,
Kinabatangan, Sabah, Malaisie

Pour les contacter par courrier électronique : ngo-hutan@yahoo.com

 http://www.hutan.org.my/

Article réalisé par Maéva Dramet  pour Actu’Zoo

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