La tuberculose bovine


LA TUBERCULOSE BOVINE 

 

Récemment, plusieurs cas de tuberculose bovine ont été signalés. Cette maladie a malheureusement engendré l’euthanasie des animaux porteurs. En effet, deux lionnes d’Asie ont été déclarées positives au test de la tuberculose bovine au Paignton Zoo situé au sud-ouest de l’Angleterre. Le premier cas s’est produit en juillet dernier tandis que le second, beaucoup plus récent, est apparu en décembre 2018. Le cas de ces deux lionnes n’est pas isolé car une antilope était déjà décédée en mai 2017 suite à la tuberculose, suivie de près par tout un groupe de cobes de la Lechwe de la Kafue en septembre 2017.

 

 

La tuberculose bovine, qu’est-ce que c’est ?

La tuberculose bovine, contrairement à ce que son nom indique, ne contamine pas seulement les bovins. Il s’agit d’une bactérie qui est capable d’affecter plusieurs espèces animales, y compris l’Homme. La bactérie est présente sous différentes souches mais elles contiennent toutes un complexe appelé Mycobacterium tuberculosis (MTC). Chez les lions d’Asie, la souche est la Mycobacterium bovis.

Cette bactérie est transmissible par plusieurs voies différentes : dans l’air expiré, dans les matières fécales ou l’urine, dans les sécrétions de l’organisme comme le pus ou le mucus, ou lors de l’ingestion d’une viande infectée. Un simple contact direct avec ces différents éléments peut donc contaminer un nouvel individu.

Les symptômes de cette maladie sont en général une dyspnée et de la toux car la bactérie affecte les voies respiratoires, et notamment les poumons. Elle peut également affecter les intestins. Chez les félins, on a également pu observer un déclin de l’état général de l’animal comme une perte de poids ou d’activité. Or ces symptômes n’apparaissent qu’à un stade très avancé de la maladie.

Il existe des tests qui permettent de vérifier la présence de cette bactérie chez un animal. La plus utilisée est celle d’un test sanguin où le but de détecter la présence ou non de l’interféron gamma dans le sang de l’animal. Il s’agit d’une protéine appelée cytokine qui est produite par les cellules immunitaires en réponse à l’infection par un corps étranger comme une bactérie. Leur présence dans le sang indique donc la présence de la tuberculose bovine. 

 

Pourquoi doit-on euthanasier les animaux porteurs de la tuberculose ?

 

 Il existe un traitement contre cette maladie. Cependant, celui-ci coûte extrêmement cher et demande une très haute surveillance de l’animal infecté. En effet, pour maximiser les chances de réussite du traitement, il faut pouvoir observer régulièrement l’animal et faire des prélèvements de sang afin de toujours s’assurer que la dose prescrite est bonne et de prévenir les potentiels effets secondaires. Tout ceci demande donc du temps et une organisation très particulière, ce qui peut être très difficile à mettre en place en parc zoologique.

Il faut également savoir que le traitement peut s’avérer inefficace et engendrer des problèmes plus graves comme la création d’une souche résistante de la bactérie aux rares médicaments qui existe contre la tuberculose. C’est pourquoi en France il est formellement déconseillé, voire interdit, d’engager tout traitement contre cette maladie chez les animaux afin de garder l’efficacité de nos médicaments.

Un autre problème peut également survenir : même si le traitement permet d’éradiquer les symptômes de la tuberculose chez un animal, cela ne signifie pas qu’il n’en est plus porteur. D’une part, cela veut dire que la maladie peut réapparaître dans le futur chez cet individu mais cela veut également dire qu’il est toujours contagieux. L’euthanasie est alors malheureusement la seule solution pour éviter toute transmission.

 

En France, la tuberculose bovine est une maladie prise très au sérieux. Elle est d’ailleurs classée dans les maladies animales de catégorie 1. C’est-à-dire qu’il existe un système de surveillance et de lutte permanent pour cette maladie afin que les nouveaux cas signalés soient tout de suite pris en charge. Le Laboratoire National de Référence (LNR) de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) est notamment chargé d’identifier ces bactéries.

 

Sources :

  1. Lecu & R. Ball. 2011. Mycobacterial infections in zoo animals: relevance, diagnosis and management. International Zoo Yearbook 45: 183 – 202.

I.M. Viljoen, P. D. van Helden & R. P. Millar. 2015. Mycobacterium bovis infection in the lion (Panthera leo): current knowledge, conundrums and research challenges. Veterinary Microbiology 177: 252 – 260.

  1. Sternberg Lewerin, S-L. Olsson, K. Eld, B. Röken, S. Ghebremichael, T. Koivula, G. Källenius & G. Bölske. 2005. Outbreak of Mycobacterium tuberculosis infection among captive Asian elephants in a Swedish zoo. Veterinary Record 156: 171 – 175.

OIE Terrestrial Manual. 2015. Bovine Tuberculosis. Chapter 2.4.6.

 

Article réalisé par Maéva Dramet pour Actu’Zoo

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